Sébastien Cathelin, premier conseiller social indépendant en Lorraine

Publié le par Lolita

Sébastien Cathelin

Sébastien Cathelin

Sébastien Cathelin s’est lancé dans l’aventure de l’entrepreneuriat en faisant le pari de devenir le premier conseiller social auprès des professionnels et des particuliers dans la région Lorraine et créé CSCONSEIL.

Activité assez mal perçue par le grand public, je l’ai donc interviewé pour en savoir davantage.

Sébastien, pouvez-vous nous parler en quelques mots de votre cursus professionnel ?

Après un BAC en Sciences Économiques et Sociales, j’ai fait trois ans d’études à l’IRTS (Institut Régional du Travail Social) de Lorraine et suis devenu assistant social diplômé d’état. Ma formation m’a enseigné, entre autres, des techniques de méthodologie de projet, conduite d’entretien, technique de communication,  gestion budgétaire et relation d’aide, mais aussi des notions en droit, psychologie et sociologie. J’ai appris à avoir une bonne maitrise des institutions, des prestations et politiques sociales. J’ai effectué plusieurs stages longs (psychiatrie, centre d’hébergement pour personne sortant de prison, centre médico-social) puis j’ai travaillé six ans comme assistant social du personnel auprès de grands groupes tels que : TCRM (Transport en Commun de la Région Messine, maintenant: TAMM), TOTAL/ARKEMA, ERDF-GRDF, SMART France

Quel était votre rôle dans ces entreprises ?

J’étais présent sous forme de permanence, les salariés pouvaient venir me rencontrer avec ou sans rendez-vous. Mon rôle était d’améliorer les conditions personnelles des salariés en partie pour que ceux-ci soient plus efficaces au travail. Bien sûr, je travaillais en partenariat avec les services de santé au travail, le psychologue du travail et les services de Ressources Humaines. Le plus important pour moi est de bien faire comprendre que mon métier est soumis à un code de déontologie qui m’impose un strict respect du secret professionnel. Quand vous allez voir votre médecin, vous savez que vos échanges resteront au sein du cabinet, même si celui-ci en fonction de vos maux peut demander conseil ou vous rediriger vers un confrère. Je travaille de façon identique. Au sein d’une entreprise, les aspects professionnels et personnels sont intimement liés. Les situations délicates peuvent être nombreuses : un divorce, une situation de surendettement, une addiction (alcool, jeu, drogue…) un problème avec un enfant, un parent âgé …

Mon rôle était et est toujours d’accompagner, informer, orienter et conseiller au mieux les salariés dans la compréhension et la résolution de ces problématiques. En tant qu’intervenant extérieur, je n’appartiens pas à l’entreprise, ce qui me permet de pouvoir mettre mon savoir-faire au service des salariés en gardant cette neutralité qui me maintient dans mon rôle d’aidant. Je pouvais également mettre en place des réunions de formation et/ou d’information et aborder des sujets collectifs : départ en retraite, addictions, handicap …

Ce qui peut paraître surprenant, c’est qu’un salarié dispose bien souvent, au sein même de son entreprise, de dispositifs d’aide dont il ignore l’existence (interne et/ou externe).

 

Aujourd’hui, une partie de la population qui travaille et qui a un salaire peut se sentir « oubliée ».

Pourquoi vouloir intervenir en « libéral » ?

J’ai eu cette envie de prendre le risque d’entreprendre. J’ai 30 ans et je ne voulais pas regretter dans quelques années de ne pas avoir essayé. C’est un vrai métier de travailler à son compte. Je ne compte pas mes heures et j’aime l’idée de construire ce projet de mes propres mains, d’apprendre de mes erreurs, de recommencer, le tout étant de continuer d’avancer. Je n’ai pas le poids d’une institution au-dessus de moi. Je peux être totalement créatif et intervenir comme je le juge pertinent, tout en respectant les politiques et le cadre d’intervention des diverses entreprises clientes.

J’ai également constaté une réalité qui m’a fait prendre ce chemin. Il existe bien des services sociaux pour aider toutes les personnes dans le besoin. Mais c’est une réalité : ces services sont surchargés et doivent se donner des priorités. Aujourd’hui, une partie de la population qui travaille et qui a un salaire peut se sentir « oubliée ». Une personne qui gagne même bien sa vie n’est pas pour autant protégée des soucis de la vie quotidienne. Mon rôle est alors d’être présent pour cette population qui pourrait ne pas savoir vers qui se tourner.

Aujourd’hui, ce qui peut faire défaut à mon métier, c’est l’image négative d’un « assistant social ». Il est souvent associé à un professionnel au service des plus démunis. Pourtant, le besoin n’est pas seulement réservé aux personnes qui seraient, par exemple, aux minima sociaux. Tout à chacun, à un moment donné peut se sentir isolé, perdu et se retrouver dans le besoin qu’il soit financier, psychologique ou autre.

Parlez-nous de votre entreprise, CS CONSEIL.

Pour les professionnels, mon activité se partage dans un premier temps comme un service social du travail pour les entreprises, qu’importent la taille et le secteur d’activité (BTP, automobile, transport, industrie, secteur tertiaire …). Dans un second temps comme la possibilité pour des structures médico-sociales, associations, mairies, bailleurs… de faire appel à mes services sous forme de permanences pour leurs usagers et/ou leurs salariés.

Et enfin pour les particuliers, j’interviens comme conseiller social. Je me rends disponible à toute heure, voire même tous les jours si besoin. Même si effectivement, j’ai des horaires d’activités précises. Il me serait difficile de rencontrer une personne si nous travaillons aux mêmes horaires.  

Concrètement comment cela se passe-t-il en tant que particulier ?

Admettons qu’une personne fasse appel à moi, parce que depuis quelque temps, elle se sent en  difficulté. On évoque de plus en plus le terme de « burnout ». Le premier contact se fait par téléphone, puis si elle le souhaite nous nous rencontrons. Mon objectif premier est d’analyser sa demande et d’évaluer ses besoins. L’écoute est primordiale et je dois absolument comprendre son état ainsi que les origines de ses difficultés. Il y a tout un ensemble de processus dans la mise en place de la méthodologie d’intervention d’aide, entre autres : l’analyse, l’écoute, le questionnement, la mise en place d’objectifs et de solutions, tout cela dans le but d’opérer un changement.

La difficulté est de trouver un équilibre juste entre le « faire avec » et le « faire pour » la personne.

L’accompagnement peut être très ponctuel, donner un conseil, une information, aider à faire une démarche administrative, rédiger un courrier… ou bien, sur une période plus longue, par exemple dans des cas de stress au travail, surendettement, divorce, éducation des enfants … qui nécessite un suivi personnalisé sur une durée plus importante.

Mon rôle, est d’appréhender la demande et le besoin de la personne dans son ensemble, d’avoir une analyse systémique de sa situation : c’est-à-dire de manière complète et variée, non parcellaire des divers aspects de sa vie (budget, famille, couple, travail, santé etc.). À savoir qu’en tant que conseiller social, je suis  habilité à faire des demandes d’aides financières.

Finalement, votre champ d’intervention est assez vaste, peut-on en savoir plus ?

Ma formation et mes expériences professionnelles me permettent d’avoir une connaissance approfondie dans divers domaines de la vie quotidienne comme la famille, la santé, le budget, le travail, le logement, le handicap… Étant assistant social depuis plusieurs années, je dispose d’un réseau de partenaires multiples (avocats, psychologues, médecins, associations, éducateurs...), ainsi que des numéros privilégiés vers de nombreuses administrations (CAF, CPAM). J’effectue également une veille permanente sur les politiques sociales, les lois et les différents dispositifs mis en place. Je travaille avec des partenaires  en qui j’ai confiance et vers qui je peux mettre en relation la personne ou la famille rencontrée, si je me rends compte que j’atteins la limite de mon accompagnement.

Un employeur n’a ni le temps ni les compétences pour faire face à ce genre de situation sociale, c’est pourquoi je peux intervenir.

L’idée est-elle de favoriser une certaine harmonie et bien-être au sein de la société en passant directement par le bien-être des personnes ?

Oui bien sûr. Il existe deux discours de la part des employeurs. Pour certains, il ne voit pas la « plus-value » de mon action et de ma profession pour leurs salariés et leur l’entreprise. Pour les autres, il y a une prise de conscience que l’un ne va pas sans l’autre et qu’une situation personnelle difficile peut, de façon consciente ou inconsciente, avoir des répercussions sur l’activité au sein de l’entreprise. Un employeur n’a ni le temps ni les compétences pour faire face à ce genre de situation sociale, c’est pourquoi je peux intervenir.

L’idée n’est pas pour moi de poser un jugement sur une situation sociale, professionnelle et/ou familiale, mais bien d’aider à trouver des solutions à un moment « T » parce qu’elles existent.  Je me vois plutôt comme un médiateur, quelqu’un vers qui on se tourne à un moment et qui va aider à partir dans la bonne direction. Une personne qui aide à trouver des solutions, qui facilite l’équilibre vie privée et vie professionnelle, car l’un ne va pas sans l’autre.

Merci Sébastien d’avoir  partagé votre passion pour ce métier lors de nos échanges et bonne continuation.

 

Découvrez les domaines d'intervention de Sébastien Cathelin sur le site Csconseil57.fr

http://www.csconseil57.fr

http://www.csconseil57.fr

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saadinejad Reza 01/08/2015 20:58

saadinejad@gmail.com

mike 16/07/2015 10:33

Le site www.cs-conseil.org est bien fait, bon article !

serrurier paris 24/11/2014 17:06

J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter.

Cordialement

trafic 12/11/2014 10:52

Merci beaucoup pour ce post. Sympa.