L’alcoolémie au volant

Publié le par Lolita

L’Ethylotest : responsabilisation des conducteurs, ou nouvelle mesure lucrative ?

 

Á l’été 2008, le comité interministériel de la sécurité routière décrétait l’instauration de l’obligation de posséder un gilet de sécurité et un triangle de présignalisation dans tous les véhicules. Á l’été 2012, ces mêmes conducteurs se verront également dans l’obligation de détenir dans leur véhicule un éthylotest non usagé, en cours de validité et à disposition immédiate.

 

Pourquoi cette mesure ?

L'éthylotest a pour objectif de développer chez l’automobiliste un réflexe d’auto-contrôle après avoir bu de l’alcool et ainsi prendre son véhicule en tout état de cause. Il doit ainsi permettre de faire évoluer les mentalités sur l’alcool au volant.

En quelques chiffres l’alcool au volant c’est :

-          34 %  des accidents mortels

-          42 % des jeunes de 18 à 24 ans tués l’été,

-          Dans 85 % des cas d’accidents mortels, il s’agissait de buveurs occasionnels,

-          Le week-end l’alcool est responsable d’un accident mortel sur deux.

 

Montant de l’amende ?

Dans le cas où vous ne disposeriez pas de l'éthylotest, vous encourez d’une amende de 11 €.

Petit rappel concernant la limite légale d’alcoolémie au volant :

-          0,5 g d’alcool / litre de sang, soit 0, 25 g d’alcool / litre d’air expiré est la limite légale à ne pas dépasser.

-          De 0.5 g à 0,8 g d’alcool / litre de sang, le conducteur risque 6 points de permis et 135 € d’amende.

-          Au-delà de 0,8 g d’alcool / litre de sang, le conducteur risque 2 ans de prison, 6 points de retrait, la suspension voire l’annulation du permis et une amende pouvant aller jusqu’à 4 500 €.

En cas d’accident avec blessures sur autrui, le conducteur risque 5 ans de prison, 10 ans de suspension de permis voire l’annulation à vie, et une amende pouvant aller jusqu’à 75 000 €.

 

 

Quel éthylotest choisir ?

Récapitulatif sur les deux modèles d’éthylotest :

éthylotest chimiqueL'éthylotest chimique est à usage unique avec une durée de péremption d’environ 2 ans. Il est vendu dans les grandes surfaces, pharmacies, tabac-presse, stations-service…  Son coût est estimé à moins d’1€ généralement, et sera proposé également à la vente par paquet.

 

éthylotest électroniqueL’éthylotest électronique n’est pas périssable, il permet plusieurs contrôles puisque seul l’embout est unique. Cependant il nécessite un contrôle et un étalonnage annuel payant (40€), sans compter le prix de l’appareil de quelques centaines d’euros selon le modèle.

 

Finalement qu’importe votre choix, retenez avant tout, que  seul le marquage NF  garantira  la conformité de votre éthylotest !

 

Pour plus de renseignements :

 FAQ concernant l’éthylotest :

 http://www.securite-routiere.gouv.fr/article.php3?id_article=4076

 

Nombreux sont les articles ainsi que les avis d’internautes sur la mesure vue précédemment, qui relance le sujet de l’alcoolémie au volant. Les mentalités évoluent encore lentement et il est difficile de savoir s’il s’agit d’une vraie prise de conscience ou une crainte de retrait de permis. 

Les commentaires sont variés et dénoncent parfois un manque de liberté grandissant en France, l’absurdité de demander à des gens saouls de s’autocontrôler, les doutes quant à la légitimité et fiabilité de ces tests, l’exaspération de devoir encore payer les alcootests et les amendes si l’on se met dans l’illégalité,  les soupçons quant à une nouvelle mesure fructueuse pour l’état et les vendeurs de ces éthylotests (36 millions d’automobilistes, avec en moyenne 2 éthylotests renouvelables par voiture). En résumé il est difficile de parler de mesure populaire.

Qu’en est-il dans les autres pays ? Quelles mesures sont mises en place contre l’alcoolémie au volant ? Existe-t-il des avancées sur la limitation des accidents mortels ?

 

 Quelles mesures en Europe ?

  C’est en Europe que nous trouvons le plus grand nombre de buveurs d’alcool et des conséquences dramatiques qui peuvent s’ensuivre. Les accidents de la route font environ 120 000 tués et 2,4 millions de blessés par an. Tous les pays disposent d’une législation interdisant la conduite sous alcool.  Malgré la préconisation de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) d’approcher un taux limite de 0,2 g d’alcool / litre de sang, chaque pays est libre d’en limiter lui-même le taux.

Voici le taux limite à respecter selon les pays (uniquement pour ceux qui ne sont ni  professionnels ni jeunes conducteurs,  qui peuvent avoir des taux différents).

 - Royaume-Uni, Malte : 0,8 g d'alcool / litre de sang

- Irlande, Portugal, Espagne, Allemagne, France, Italie, Belgique, Pays-Bas, Finlande, Lettonie, Bulgarie, Grèce, Chypre : 0,5 g d'alcool / litre de sang 

- Lituanie : 0,4 g d'alcool / litre de sang 

- Suède, Estonie, Pologne, Norvège, : 0,2 g d'alcool / litre de sang


Tous ces pays ont mis en place des mesures en vue de limiter l’ivresse au volant, parmi celles qui sont des plus efficaces, on peut répertorier :

- alcootests aléatoires et hautement visibles ;

- peines ayant de graves conséquences sur le plan personnel, par exemple, l’attribution d’amende sur le lieu de l’infraction, le retrait de points du permis de conduire et, le cas échéant, la suspension de ce dernier ;

- campagnes hautement visibles afin de sensibiliser le public aux mesures et aux sanctions ;

- brefs conseils médicaux sur l’usage nocif de l’alcool et la consommation modérée ;

- législation visant à décourager les jeunes à acheter de l’alcool et application des mesures dans ce sens ;

- mesures fiscales afin de majorer le prix de l’alcool

 

  Cependant, selon l’OMS, un nombre important de pays ne sensibilise pas assez le public, en n’imposant aucune restriction sur la publicité pour l’alcool, aucune limitation sur la disponibilité des produits alcoolisés et paradoxe  des prix en baisse.

 

  En septembre 2011, l’OMS présente un dossier intitulé « plan d’action européen visant à réduire l’usage nocif  de l’alcool 2012 – 2020 » en présentant 10 domaines d’action à mettre en œuvre dans les prochaines années qui sont les suivants :

-          leadership, sensibilisation et engagement ;

-          action des services de santé ;

-          action communautaire et sur le lieu de travail ;

-          politiques et mesures de lutte contre l’alcool au volant ;

-          offre d’alcool ;

-          marketing des boissons alcoolisées ;

-          politiques de prix ;

-  réduction des conséquences néfastes de la consommation d’alcool et de l’intoxication alcoolique ;

-      réduction de l’impact sur la santé publique de l’alcool illicite ou produit par le secteur informel ;

-          suivi et surveillance.

Le rapport complet :

 

http://www.euro.who.int/__data/assets/pdf_file/0008/148067/RC61_wd13F_Alcohol_111373.pdf

 

 

Sources de cet article :

http://ec.europa.eu/health-eu/my_lifestyle/alcohol/index_fr.htm

http://www.euro.who.int/fr/what-we-do/health-topics/disease-prevention/alcohol-use/news/news/2011/drinkdriving-still-a-deadly-seasonal-cocktail

 

 

Publié dans Infos du web

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auto-ecole 24/07/2014 16:20

C'est en tout cas une bonne initiative mais il faudrait encore plus de suivi